Vie pro, vie perso et charge mentale : rebattre les cartes !

Il y peu a quelques jours, j’ai découvert sur les réseaux sociaux la nouvelle BD d’Emma, d’un autre regard, sur « l’attente ». Une BD qui fait suite à son travail sur la charge mentale, « fallait demander », que nombre d’entre vous ont sans doute vu passer sur les réseaux sociaux.

Vous savez, la charge mentale, c’est ce concept qui explique qu’en plus des tâches ménagères les femmes (ou hommes parfois) assument également la responsabilité de penser l’organisation et la planification de tout ce qui rythme la vie de famille ou de couple.

Ces deux BD sont extrêmement justes, même si pour être parfaitement honnête avec vous, elles ne reflètent plus notre réalité aujourd’hui.

Lorsque Little B est né il y a bientôt 6 ans, nous nous inscrivions complètement dans ce schéma. L’homme devait relever des enjeux professionnels importants et moi, j’étais aux 35 heures en horaires décalés, donc naturellement, j’ai pris à mon compte la majeure partie de la charge mentale et les soirs, lorsque l’amoureux rentrait, j’étais complètement dans cette attente, pour qu’il m’aide et prenne le relais. Ensuite, nous avons déménagé et je suis restée quelques temps sans emploi ou avec un emploi à temps partiel, tandis que l’homme poursuivait sa carrière et forcément, tout cela s’est accentué.

Je suis alors passée par plusieurs phases : avec un sentiment de normalité banale, puisque c’était moi qui travaillais le moins, une part d’aigreur et d’envie où j’aurais tellement aimé inverser les rôles, puis une part de révolte face à une situation que je trouvais profondément inégalitaire et sexiste. Il y a eu chez nous des disputes mais surtout beaucoup de discussions. Et peu à peu, les choses ont basculé.

D’abord il y a eu la reprise du travail – à domicile les premières années – puis désormais en dehors de la maison, ce qui implique que je ne puisse plus plier mon emploi du temps à celui de la famille. Par la force des choses, cela a rééquilibré tout ça. J’ai également admis et surtout dit que je ne pouvais plus tout gérer. L’homme a de son côté pris beaucoup plus à sa charge et trouvait ça tout à fait normal. Enfin surtout, j’ai accepté de faire confiance à l’amoureux et de lâcher prise sur la charge mentale.

Ce n’est pas évident, cela fait maintenant 6 ans que l’on débat de cela à la maison et je ne suis pas certaine que nous soyons arrivés totalement au juste équilibre. Cette année par exemple, j’ai le sentiment que ma nouvelle carrière a déséquilibré les choses et que l’homme a pris la charge mentale à son compte plus qu’il ne faudrait.

En pratique, cela se traduit par le fait qu’on essaie de rentrer ensemble à la même heure à la maison pour prendre le relais de la baby-sitter. Parfois je parviens à rentrer plus tôt, parfois plus tard et parfois c’est lui qui a besoin de rentrer plus tard, on ne compte pas les coups. Puis on retravaille le soir souvent, lorsque les enfants sont couchés. Au final, on ne travaille ni moins, ni plus mais différemment. On travaille pendant notre pause déjeuner également la plus part du temps. Nous considérons que nos carrières sont aussi importantes l’une que l’autre. Quand un enfant est malade ou qu’il faut prendre un rendez-vous avec un spécialiste, on s’en parle et on voit en fonction de nos emplois du temps : qui peut appeler, qui peut y aller. Il arrive qu’il gère la prise de rendez-vous pour moi ou inversement. Quand je pense à la gestion de certaines choses, j’essaie de le dire tout haut, pour l’inclure. Enfin naturellement, nous nous sommes répartis la gestion de certains domaines : l’un s’occupe des relations avec la banque, l’autre de la gestion des artisans, l’un de mettre en route la machine et d’étendre le linge, l’autre des courses et des repas qui vont avec. Mais rien n’est véritablement figé.

Ce n’est pas toujours facile. Il y a des ratés parfois mais aussi de belles réussites comme lorsque je suis rentrée à 19h59 un jeudi soir, il y a quelques semaines. J’avais dû faire changer les roues de la voiture, puis affronter les embouteillages. En passant la porte, j’ai pesté tout haut : j’avais oublié de faire les courses pour le pique-nique de Little B le lendemain et le magasin venait de fermer. Le temps que je réfléchisse rapidement à ce que j’allais pouvoir cuisiner avec les restes du frigo, l’homme m’a rétorqué : « t’inquiète pas, nous avons géré avec les garçons ».

Au final, notre vie n’est pas très organisée ni bien huilée. Il y a beaucoup d’improvisation et d’adaptation en fonction des aléas. La seule chose que je réalise en vous écrivant ce billet, c’est que le matin au petit déjeuner ou le soir en nous couchant, nous faisons presque quotidiennement le point sur ce qu’il y a à faire et nous décidons du plan d’action (qui fait quoi quand comment) ensemble. Et nous faisons régulièrement des points agendas.

Mais bon, soyons honnêtes, ils nous arrivent aussi souvent de faire les choses en doublon ou d’oublier ensemble de les faire, carrément… Mais c’est le jeu, non ?

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