Faire des différences

L’article qui suit va peut-être choquer certains d’entre vous. Ou peut-être pas. Mais c’est ainsi que je ressens les choses et que je vais donc vous les écrire. Je n’élève pas mes enfants de la même façon. Je ne les aime pas de la même façon non plus.

L’idée de ne pas faire de différence entre eux m’avait un peu obsédée durant la grossesse de Numérobis. Mais finalement, depuis que le Petit Prince s’est installé dans nos vies, j’ai lâché prise sur ce point. Je ne sais si c’est bien ou mal. C’est ainsi.

Parce qu’en dépit de leurs ressemblances, ces deux petits garçons sont réellement différents, je ne m’inquiète pas pour les mêmes raisons, ni de la même manière pour chacun d’eux. Je n’ai pas établi les mêmes relations avec chacun d’eux. Et je ne suis pas la même maman non plus, parce que j’ai le sentiment que l’on mûri et que l’on change après chaque enfant.

Pour Little B, je me suis sentie mère dès sa naissance. Je l’ai aimé instantanément. Ses premières semaines de vie et ses importants soucis de santé ont cependant mis notre lien à rude épreuve. Nous avons pleuré tous les deux, beaucoup. Et puis un jour, alors qu’il était installé sur mes genoux sur le canapé, il m’a regardé droit dans les yeux et il a ri. Son tout premier rire. Un rire libérateur. Ce fut une renaissance pour lui et moi. Depuis, nous entretenons une relation fusionnelle tous les deux et j’avoue me revoir souvent enfant à travers lui, mon bluesman du dimanche soir.

Même s’il va parfaitement bien aujourd’hui, j’ai tendance à le considérer encore comme mon enfant fragile. Mon enfant particulier. Il est mon grand, celui avec qui désormais nous avons des échanges passionnants. Parce qu’il est curieux de tout, nous prenons un réel plaisir à lui faire découvrir énormément de choses. Mais il est aussi mon aîné. Avec lui, nous tâtonnons en tant que parents. Qu’on le veuille ou non, il essuie malheureusement les plâtres. On le sait, nous sommes parfois trop durs, trop exigeants, trop inquiets aussi.

La naissance du Petit Prince a, quant elle, eu lieu tout en douceur et sérénité. J’ai découvert avec cet enfant que la maternité pouvait être simple et réellement heureuse. Vous connaissez cette expression « c’est que du bonheur ». Pour autant, notre lien ne s’est pas créé instantanément. Je reverrai longtemps mon S me raconter de longs monologues, confortablement installé dans son transat à côté de moi en train de travailler. Ce bébé a su me prendre dans ses filets, progressivement. Depuis, nous entretenons également une relation fusionnelle. Il est mon tout petit aux joues rondes, que je ne me lasse pas d’embrasser et au sourire charmeur, qui me fait fondre encore et encore. Celui qui prend encore deux biberons par jour presque exclusivement dans mes bras et qui reste certains jours constamment collé à moi.

Avec lui, je suis une maman plus zen, plus sûre de moi et moins à cheval sur certains principes également. Nous nous sommes assouplies sur la question de la tétine par exemple. Il a également dormi un peu plus longtemps dans notre chambre. En revanche, avec lui j’ai renoncé aux petits pots faits maison  (pas le temps et surtout pas l’envie de voir que tout ce que je prépare est « vomi » ou jeté intact).

Alors effectivement, nous essayons d’élever nos enfants avec les mêmes valeurs, les mêmes règles, et de ne pas gâter l’un plus que l’autre. J’essaye aussi de passer du temps privilégié avec chacun d’entre eux. Cette année par exemple, j’ai gardé le Petit Prince seul tous les mercredis matins mais je l’ai aussi mis à la crèche certains jours alors que son grand frère était en vacances scolaires, afin de faire des activités avec mon grand. Je veille à ce qu’il n’y ait pas entre eux de sujets de jalousie. Mais ceci dit, au quotidien, je ne compte pas vraiment les points. Parce que, que nous le voulions ou non, ces enfants, nos relations, leurs besoins… tout cela fait des différences.

IMGP4471

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