Une semaine à l’hôpital

La semaine dernière, je vous ai délaissé quelques jours pour m’occuper de Little B. et de son estomac. Vous savez, ce truc qui lui casse les pieds depuis sa naissance et lui cause reflux persistant, maladies chroniques, œsophagites, dénutrition… Et bien la semaine dernière, on a décidé d’en finir avec cet estomac récalcitrant.

Sur le papier, ça a l’air sympa. Dans la vraie vie, ça passait par une semaine d’hospitalisation, 2 heures sur une table d’opération, deux sondes et une perfusion. Mais bon, quand il faut y aller… Autant ne pas tarder. Bref, Little B. s’est donc fait opérer !

IMG_20140404_1144371er jour :

Arrivés à l’hôpital la veille de l’opération, à l’heure du goûter, nous avons la chance de nous voir attribuer une chambre seule. Ce n’était pas gagné, les infirmières ont hésité. Mais le bas âge de Little B. et ma grossesse les ont convaincues. On apprend que l’opération est programmée pour 11h30 le lendemain, on s’installe, on prend le temps de lire l’adorable carte rédigée par l’intégralité du personnel de la crèche pour Little B. et on essaye de lui faire prendre un semblant de repas. Mais en réalité, il a plus picoré que réellement mangé.

2e jour :

Levé à 8 heures, Little B n’a pas voulu boire le moindre verre d’eau et n’a pas le droit à un biberon. On l’a laissé jouer tranquillement jusqu’à 10 heures, puis il a fallu lui faire prendre une douche pour le stériliser. C’est là que les choses se sont corsées. D’abord parce que Little B savait parfaitement ce que signifiait cette douche et qu’il n’avait aucune envie d’y aller. Ensuite, parce qu’une fois douché, il n’a plus eu le droit de toucher quoique ce soit. Ni même de mettre un pied au sol. Enfin, parce qu’il a commencé à avoir soif.
A 10h30, ils sont venus le médicaliser, c’est-à-dire lui donner un p’tit truc pour le rendre stone avant de descendre au bloc. Sauf qu’à l’heure du bloc, une infirmière est passée nous avertir qu’il y avait une heure de retard. Sauf qu’à 12h30, il n’y avait toujours pas le moindre brancardier en vue. Il y avait à priori une demi-heure de retard supplémentaire. Sauf qu’une nouvelle heure plus tard… Toujours rien !
A 13h30 bien sûr, la médicalisation ne faisait plus effet depuis loooongtemps. Et Little B avait toujours aussi soif. Sans parler du stress de l’attente, du fait qu’il était coincé dans nos bras depuis 3 heures sans pouvoir bouger ni toucher quoi que ce soit parce qu’il était stérile, ou encore de la chaleur étouffante de cette chambre… Bref, à 13h30, notre fils s’est transformé en bombe hurlante !!
En 3 heures d’attente, nous avions épuisé le stock de DVD de Dora et Tchoupi, de livres et de chansons pour faire diversion. Les balades dans le couloir n’avaient plus d’effet non plus. Et toujours pas le moindre brancardier à l’horizon. A 14 heures, on nous annonce qu’il va descendre d’une minute à l’autre. Mais c’est 45 minutes plus tard, qu’un brancardier a finalement pointé le bout de son nez.
Little B. est donc descendu au bloc avec 3h15 de retard, après une heure de hurlements, dans un état de stress maximal. Et nous, nous étions plus en colère qu’inquiets. Non pas parce que le bloc avait du retard, cela nous pouvions le concevoir. Mais parce qu’un imprévu d’une heure n’a rien à voir avec un contretemps de 3h30. Si le bloc avait joué franc-jeu dès le départ, Little B aurait pu boire un verre d’eau et jouer tranquillement. Nous aurions largement eu le temps de le re-stériliser.
Finalement, le chirurgien nous a appelés deux heures plus tard pour un compte-rendu. L’opération avait été un peu plus longue pour cause d’estomac récalcitrant. Mais deux pinces plus tard, il n’avait eu d’autre choix que d’obtempérer. Bref, ce qu’il voulait nous dire c’est : « tout s’est bien passé ».
Nous avons enfin retrouvé notre Little B. un peu après 19h30. Il était fatigué, il avait toujours aussi soif, toujours pas le droit de boire… Mais il allait bien.

IMG_20140405_1810293e jour :

La nuit qui a suivi a été extrêmement courte – pour ne pas écrire inexistante – ponctuée par les alarmes des différentes machines, les allers-retours des infirmières et les gémissements de Little B. Dans la journée, les médecins ont donné leur accord pour le retrait des sondes urinaire et gastrique. La journée a cependant été relativement compliquée, car petit bonhomme a mal réagi à la morphine (gonflements, spasmes, nausées…). Il n’a pas pu fermer l’œil. Alors le soir venu, lorsqu’ils ont enfin baissé cette morphine, il s’est écroulé.

4e jour :

Little B. s’est effondré. L’arrêt des spasmes lui permettant enfin de dormir, il a passé la journée à récupérer. Et quand il ouvrait les yeux, il hurlait de colère avant de replonger pour 2/3 heures de sommeil. Il n’avait toujours rien mangé ni bu depuis jeudi soir. Avec M, nous étions inquiets. Même si cette colère paraissait légitime et était amplifiée par la morphine, nous ne reconnaissions pas notre fils.

5e jour :

Little B. n’ayant toujours rien avalé, les médecins ont décidé de lui administrer un anti-nauséeux et d’arrêter la morphine. Ce fut miraculeux ! En milieu de matinée, j’ai vu mon fils redevenir lui, réclamer son 1er biberon et surtout… Recommencer à parler ! Il a passé l’après-midi à jouer dans son lit, puis assis au sol et a même mangé deux petites purées.

6e jour :

Little B. est en pleine forme ! Son rétablissement en l’espace de 24 heures est tel que le chirurgien nous propose une sortie le lendemain, si Little B. poursuit sur cette voie. Une condition toutefois, il doit manger. Une phrase qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Toute la journée, Little B. va énumérer, à qui veut bien l’écouter, la liste de ce qu’il a avalé. Plusieurs infirmières et puéricultrices, en congés la veille, passent également le voir, impressionnées par ce rétablissement éclair.

IMG_20140407_1233207e jour :

C’est officiel, nous sortons ! Le chirurgien donne son aval le matin mais il nous faut patienter jusqu’en début d’après-midi, le temps de voir la diététicienne pour faire le point sur le protocole alimentaire à mettre en place à la maison. Le temps nous parait trèèèèèèèèèèèèsssss long ! Mais nous sommes trop contents de rentrer à la maison. Et Little B a fait ensuite la plus grosse sieste de sa vie.

Pour finir, je vous dirais qu’en dehors de cette histoire de bloc, les équipes de l’hôpital des enfants ont été au top ! Si vous deviez, vous aussi, faire un séjour à l’hôpital des enfants, voici quelques petits trucs qui pourraient vous être utiles :

>> pensez à vous munir d’un ordinateur ou lecteur de DVD avec quelques petits dessins animés à diffuser. On n’est pas des « pro télé » à la maison, loin de là. Mais il faut reconnaitre que ça fait une bonne diversion et aide l’enfant à passer les petits moments difficiles. Et puis, les journées sont très longues à l’hôpital. Ceci dit, sachez qu’à Bordeaux, il y a un ordinateur dans chaque chambre prêté aux enfants (or hôpital de jour).
>> prendre quelques-uns de ses jeux et livres préférés. Optez pour des jeux non bruyants (parce que vous n’aurez pas forcément une chambre simple) et qui permettent à l’enfant de rester dans son lit (cartes, puzzle, voitures, ardoise magique…).
>> prendre le traitement habituel de votre enfant, s’il en a un, avec son carnet de santé et l’ensemble de ses radios.
>> pour les vêtements, privilégiez des vestes ou chemises. Pensez qu’avec la perfusion dans le bras, votre enfant pourra difficilement enfiler une manche.
>> les boules quies peuvent être une option. Les deux dernières nuits, l’enfant de la chambre juste à côté a pleuré non-stop. Un truc juste horrible à entendre pour un parent. Ça vous ruine une nuit.
>> enfin, renseignez-vous mais dans le service où nous étions, il y avait une salle avec un frigo pour les parents. Cela évite de manger des sandwiches et croque-monsieurs réchauffés tous les jours.
Publicités

2 réflexions au sujet de « Une semaine à l’hôpital »

Les commentaires sont fermés.