Devenir mère #3

Cette semaine, je suis retenue loin d’ici pour m’occuper de Little B. Le blog continue sa vie cependant. Après un échange avec une lectrice, j’ai choisi de laisser la parole à des femmes qui font face ou qui ont fait face à des difficultés pour devenir mère. Vous allez découvrir trois histoires différentes. Trois histoires très touchantes. Quand la vie en décide autrement… Voici leurs maux et mots. Belle lecture !!

Aujourd’hui, M, 30 ans :

Quel métier tu veux faire plus tard M ?
– Moi ? Maman pourquoi ?
Dans le mot conception… ben y a le mot « con » HEIN ! Oui voilà, quand on a décidé d’avoir un enfant ça peut rendre fou… au point d’avoir des symptômes de grossesse sans grossesse voire d’avoir ses règles et d’être persuadée qu’au final une grossesse est encore possible !! HAHAHA cruelle cervelle qu’est la mienne…
Mais avant d’en arriver là… J’ai dû travailler ma moitié au corps pour qu’il réalise à quel point être parent sera formidable… OUI nous sommes capables de se raconter que se lever la nuit, de ne plus dormir, de ressembler à un zombie et de ne plus rien faire sans un enfant c’est le bonheur absolu… Et le pire c’est de le raconter tellement bien qu’on y croit ! 
Ca y est, on est prêt… J’ai réussi à convaincre Monsieur N qu’avoir un enfant serait un tel aboutissement pour moi… Oui pour moi, car pour lui ce n’est pas un objectif de vie d’avoir un enfant… Et à force de discussions (ou de prises de tête, ça dépend du point de vue), je m’aperçois que pour moi, ça l’était, et puis finalement j’ai peur… Peur de tout gâcher entre lui et moi, peur de ne pas être à la hauteur… Peur de ne pas aimer mes enfants… Mon dieu et si je ne les aimais pas… Enfin voilà mes 30 ans arrivent et là… Le drame… Je me rends compte que le temps qui passe est ma plus grande angoisse… Alors quand bébé ne vient pas… J’ai l’impression de vieillir plus vite…
Enième cycle et rien… Est-ce que j’ovule ? Est-ce qu’on fait assez de travaux pratiques ? Est-ce que je suis normale ? Est-ce que je suis morte à l’intérieur ? Est-ce qu’on le fait le bon jour ? Est-ce que mes ovules sont viables ? Et ses spermatozoïdes, ils nagent comment ? Et si ça n’arrivait jamais ? La vache, toutes ces questions qui se bousculent dans ma tête et rien, pas de réponse… Une explosion de stress ! Je mets la pression à mon homme et là, catastrophe, plus de TP.
Questionnement, angoisses supplémentaires… Que dois-je faire ? Est-ce que je vais devenir folle ?
Ca y est, il faut que je voie une psy. Les copines ? Si c’est pour entendre le discours du « quand t’y penseras moins ça viendra », ce n’était pas la peine ! ET LA ! BIM ! Je culpabilise, oui oui, je culpabilise de penser trop à tomber enceinte et devenir maman ! Et là s’ajoute les commentaires et les expériences des copines de copines qui font de la FIV, de la PMA, genre t’inquiète pas si ça vient pas, on t’aidera…
Et là ! Je réalise que je ne veux pas de médicalisation de ma grossesse… Au secours, j’ai vu plus de gynécos que de généralistes dans ma vie à cause du HPV (papillomavirus) et là je ne veux pas, je veux un bébé d’amour, de bonheur, de désir… et rien d’autre… bref un bébé quand je veux !
Je craque, je pète un plomb suite à un mois où je fais un SPM – ou plus précisément un syndrome prémenstruel – là c’est sûr, je ne suis pas normale (nausées, fringales, douleurs, seins énormes…).
C’en est trop… J’appelle ma mère… Et là, grande discussion, ma mère a fait 2 fausses couches. Et elle m’explique que c’était comme ça, il fallait accepter, sans oublier qu’avant moi les médecins lui avaient expliqué qu’elle n’aurait plus jamais d’enfant… De quoi croire aux miracles 🙂
Devenir mère 1Elle m’explique que mon angoisse réside probablement dans le fait de ne pas comprendre mon cycle et que je devrais prendre ma température chaque matin pour savoir ce qu’il se passe. Je me dis pourquoi pas, ma gygy me l’avait déjà dit entre d’autres mots comme test de huhner, spermogramme et blablabla…
En fait, je ne l’ai pas fait plus tôt car je n’étais pas prête à affronter la réalité si problème il y avait…
Je saute le pas et là… C’est une délivrance… ça y est, je contrôle mon cycle et je découvre avec plaisir qu’il est normal et que j’ovule mais pas au 14ème jour… Je découvre que mon corps a son rythme bien à lui et qu’il faut que je le respecte avant tout. Donc je repars pour un nouvel espoir et surtout un côté bien plus zen et une pression qui a complètement disparu…
Moralité, écoute toujours ta maman, fais la belle à la pression sociale et détache-toi du temps qui passe.
Une phrase m’a toujours soutenue dans les moments difficiles :
« De nos cris de douleurs naîtront des mots d’amour »
Michel Jonasz
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