Aimer manger

IMG_20131013_183832Ce fut notre instant bonheur du lundi soir. Le signe que nous avons passé un cap avec les troubles alimentaires de Little B.. La preuve aussi que nous entrons dans le lâcher-prise. Que le travail de ces 6 derniers mois porte ses fruits.

Little B. était fatigué et grognon – l’otite diagnostiquée trois jours plus tôt n’y était sans doute pas étrangère. En temps normal, cet état aurait été le cocktail gagnant d’un non-repas fait de larmes et d’affrontements. Il n’en fut rien !

Il ne voulait pas passer à table, pas s’assoir sur sa chaise, pas manger… Alors je l’ai pris sur mes genoux. S’il voulait un repas-câlin, qu’importe ? Il n’a que 2 ans… Puis j’ai installé son assiette devant moi, au cas où… Et là, il s’est mis à manger. Ses pâtes d’abord. Puis mon œuf au plat avec ses doigts, avant de croquer à pleines dents dans ma tarte aux poireaux, pour finalement achever son repas avec 2 petits suisses. Voir Little B. prendre de la nourriture avec ses doigts et croquer une tarte fut un réel bonheur.

Il y a encore 6 mois, il aurait été incapable de tels gestes.
Il y a encore 6 mois, son « non » catégorique en réponse à la phrase « à table » aurait généré angoisse et crise.
Il y a encore 6 mois, la seule vue d’une assiette ou d’une cuillère l’aurait fait pleurer.

Tout n’est pour autant pas toujours aussi simple. Avec les virus qui s’enchaînent, la courbe de poids de Little B. ne fait que chuter depuis la rentrée. Difficile alors de ne pas se cristalliser sur ces grammes qui s’envolent. Focaliser sur la zone de dénutrition dans laquelle il s’enfonce. Il nous faut garder en mémoire ces instants bonheurs. Se souvenir de ces moments où l’hiver lui offre un léger répit, quand il retrouve l’appétit, et mesurer le chemin parcouru. Faire confiance à la petite voix qui au fond de nous murmure que les troubles sont derrière nous. Parce que nous avons tourné une page.

Little B. reste un maxi poids plume. Pour autant, il se réconcilie doucement mais durablement avec la nourriture. Le voir manger une galette bretonne, croquer une gaufre au Nutella, réclamer un donuts ou demander à ce qu’on lui resserve du riz sont autant de belles victoires sur son reflux et son trouble de l’oralité.

Des petits plaisirs à savourer sans la moindre hésitation !

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2 réflexions au sujet de « Aimer manger »

  1. Belle victoire pour vous trois ! Pour le repas câlin, n’écoutes pas ceux qui voudraient t’en dissuader sous prétexte que ça donne de mauvaise habitude. En Colombie, gremlins mangeait assis par terre, pâte par pâte pour se rassurer (16 mois à l époque). Encore aujourd’hui hui, quand la fatigue est grande ou que le manque de câlin se fait sentir, il grimpe l’air de rien sur nos genoux et se fait donner quelques becquées. Ça ne l’empêche pas de savoir très bien se débrouiller avec des couverts, couteau compris. Certains se mettent parfois des barrières qui n’ont pas vraiment de sens 😉

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