Réforme des rythmes scolaires : pourquoi ça coince ?

Photo rythmes scolaires

C’est la conversation du moment entre parents : quid de la réforme des rythmes scolaires ? Il s’agit de savoir à quelle sauce seront mangés nos enfants en septembre. Une seule certitude pour l’instant : la semaine de 4 jours et demi ne fait pas que des convaincus !

Le décret relatif à l’organisation du temps scolaires dans le primaire a été publié samedi 26 janvier 2013 au Journal Officiel et depuis, c’est un levé de bouclier. Seule exception : la FCPE, principale fédération de parents d’élèves, qui salue ce décret.

Avec 24 heures de présence en classe par semaine et 144 jours d’écoles par an, les enfants français cumulent deux records : celui des journées scolaires les plus chargées et du calendrier scolaire le plus léger d’Europe. Tout le monde s’accorde donc à dire qu’en terme de rythme, la semaine de 4 jours et demi sera profitable aux élèves français. Alors, qu’est-ce qui coince ?

>> En pratique :

  • Dès septembre 2013 (ou 2014 pour les mairies qui en font la demande) la semaine de classe s’organisera sur 5 jours, du lundi au vendredi.
  • Les journées complètes de classe seront réduites de 45 minutes pour ne pas dépasser 5h30 et le temps du déjeuner devra être d’1h30 minimum.
  • En contrepartie, les élèves travailleront 3h30 les mercredis matin (certaines mairies peuvent demander à déplacer ce temps scolaire au samedi matin, mais elles devront pour cela justifier des particularités du projet éducatif territorial et présenter des garanties pédagogiques suffisantes).

>> Ce qui coince :

  • De nombreuses collectivités optent pour un temps de midi allongé de 45 minutes. Au final, les enfants ne termineront donc pas leur journée plus tôt et les enseignants craignent que ces 45 minutes initialement dédiées à des activités périscolaires ne se transforment en simple garderie, faute de moyens.
  • Les moyens justement. Les collectivités locales affirment ne pas pouvoir assumer financièrement la mise en place de ces activités périscolaires. L’Etat va participer à hauteur de 50 euros par an et par enfant et les collectivités feront l’économie de l’accueil des enfants le mercredi matin. Insuffisant cependant pour organiser un accueil périscolaire de qualité. D’autant qu’elles ont des difficultés à recruter le personnel compétent.
  • Les enseignants craignent de voir leur temps de travail augmenter pour un salaire constant. La prime de 400 euros annuels qu’ils pourraient toucher n’ayant pas été confirmée par le ministère de l’Education Nationale.

>> Mon avis :

L’esprit de la réforme est sans aucun doute excellent puisqu’il vise à adapter le rythme scolaire au rythme de l’enfant et à réduire les inégalités face aux activités périscolaires. Néanmoins, une mise en œuvre précipitée et un manque de moyens pourraient conduire à un objectif raté. Un temps de présence à l’école accru et une garderie en lieu et place de véritables activités périscolaires… Seuls les parents qui auront du temps et des moyens pourront alors inscrire leurs enfants à des activités sportives ou culturelles tard le soir ou les mercredis après-midis. Bref, pour les enfants, l’heure n’est pas encore à l’allègement de l’emploi du temps !

>> Aller plus loin :

Le texte de la réforme, par ici !

Ce qu’en dit le monde enseignant, c’est par ici !

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